Savoir ce qu’on vaut

Publié le par mémère

Hier Choupinette et moi avons fait notre rentrée musicale : solfège pour Choupinette et flûte pour moi.
 
Je suis sortie de mon cours très mécontente de moi. J’ai joué comme une patate. J’ai bossé tout l’été, bon, je savais que c’était plutôt anarchique et que je n’avais pas vraiment fait un travail de fond, mais j’avais senti certains trucs et globalement l’impression d’avoir bien progressé. De la difficulté à travailler seule. Surtout, je me suis sentie humiliée. Mais pourquoi ? Je sais bien, qu’il faut des années de travail, surtout quand on commence à mon âge, pour arriver à un résultat correct.
 
Après réflexion, je me dis qu’à 45 ans, ma relation à l’apprentissage et à l’enseignement reçu n’est pas saine et reste profondément marquée par mes années d’école. Le professeur n’est pas celui qui m’accompagne mais celui qui me juge, et je ne me sens pas le droit à l’erreur. Je joue beaucoup mieux à la maison, et au cours je perds la moitié de mes moyens. Je me retrouve dans la peau d’une élève timide appelée au tableau. Seules les erreurs comptent, je ne vois plus mes progrès. Je cherche sans cesse à me justifier, ou à m’excuser, ou à me dévaloriser. Pathétique. La personnalité ni le comportement de ma prof ne sont pas en cause, elle est super et très encourageante.
 
Cette année, une autre « adulte » commence la flûte à bec. Nous serons donc deux, et hormis l’espoir de pouvoir au bout d’un certain temps, peut-être, jouer ensemble, je me suis surprise à penser que j’allais pouvoir me comparer. Comme si c’était important de savoir si j’apprenais mieux ou moins bien, plus vite ou moins vite, si au bout d’un an je jouais mieux ou moins bien… Lamentable. Est-ce qu’on a vraiment besoin de se comparer aux autres pour savoir ce qu’on vaut ? Ne suis-je pas capable de savoir si je fais du mieux que je peux, pour mon plaisir, pour apprendre à sortir de moi-même quelque chose de beau ou en tous cas, quelque chose qui me soit agréable à entendre ? Et quelle relation avec l’autre cela sous-entend-il ? Ne peut-on juger qu’en termes de « mieux » ou « moins bien » ? Est-ce que c’est là le résultat d’un dressage à coup de notes et d’esprit de compétition ?
 
En tous cas je me sens très mal avec ça, pas "propre"… ça ne correspond pas avec ce que voudrais être, avec ce que je pense être… avec ce que je souhaite pour ma fille… Je pensais avoir fait plus de chemin que ça.
 
Eh bien, ça me fait un axe de travail pour l’année…
 

Publié dans en avant la musique

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lysalys 20/09/2007 14:47

Etrange, ennuyeux comme cette trouille a tendance à nous reprendre alors même que nous pensions avoir fait l'impasse sur elle. Peut-être que c'est aussi une question d'humanité, de failles qui justement nous font mieux apprécier le chemin accompli, peut-être aussi cette hâte de grandir (et oui même à 45 ans ! ) et cette impatience nous ferait alors choisir d'autres référents, histoire de se rassurer sur nous-même... En attendant ton histoire rassurera peut-être ma petite Mi qui débute avec sa harpe et voudrait tant que ça aille plus vite et qu'elle soit une virtuose !!! (remarque la maman aussi :) ). Ah cette fiche impatience ! Bon courage à toi.

mémÚre 21/09/2007 06:43

Ce qui est très ennuyeux, c'est d'avoir aussi peu de maîtrise sur les ressorts qui nous animent :-(Super la harpe ! Choupinette en avait parlé mais on a préféré un instrument plus "transportable" ;-) Bravo Mi en tous cas et ne te décourage pas si le début te paraît difficile, le bonheur est juste après ;-)

mamansursaplanete 19/09/2007 18:33

La note qui appuie là où  ça fait mal !Est-ce qu'on guérit de cette peur ?!?La peur de mal faire, la peur de réussir...Ca peut aller très loin ;-)

mémÚre 20/09/2007 07:12

La note ? C'est un jeu de mots ?Est-ce qu'on guérit de cette peur, ça, je ne sais pas. Peur de mal faire ou sentiment de n'avoir jamais "bien" fait ?

la fée Viviane 19/09/2007 10:07

Bon courage mémère pour ce dur boulot...j'aimerai me mettre au chant, mais, mais....peut-être que j'ai peur de tout ce que tu racontes

mémÚre 20/09/2007 07:12

Je t'encourage vivement à te mettre au chant, c'est très... libérateur, déstressant, et plein de trucs auxquels on ne s'attendrait pas.