*~* Quelle vie après la non-sco ? *~*

Publié le par mémère

La question complète était :
Avez-vous, chers parents, pensé à ce que vous ferez de vos journées si vos enfants devaient un jour aller à l'école ? Est-ce que ça changera fondamentalement votre vie ?
 
Cette question m’est tombée dessus comme un boulet de canon, moi qui n’avais jamais sérieusement songé à la scolarisation de Choupinette, quand cette dernière a elle-même engagé une réflexion sur l’opportunité d’y aller ou pas.
 
Comme il a toujours été clair que certes, à la base, le choix était le nôtre, à nous parents, mais que la décision finale lui reviendrait si un jour elle décidait d’essayer l’école (si les circonstances le permettent – cette précision à son importance), le fait qu’elle n’exclue pas cette éventualité pour l’avenir signifie que cela arrivera peut-être.
 
La première question que je me suis posée suite à ça était : « et moi, à quoi je vais servir alors ? ». Troublant, non ? Est-ce à dire que je ne vis qu’à travers ma fille ? Non, sincèrement, pas du tout. Je crois plutôt que j’ai ce schéma de vie familiale dans la tête depuis longtemps pour pas mal d’années à venir, comme un gros « plein », et que l’éventualité de l’école m’a fait entrevoir comme un gros « vide ». Peut-être parce que l’arrivée – tardive – de Choupinette dans nos vies a coïncidé – fortuitement mais très heureusement - avec l’arrêt de ma vie professionnelle et que nous sommes ensemble depuis sa naissance, et que je n’imaginais pas que cela prenne fin avant encore plusieurs années ? Bon, je sais bien qu’il n’y a que 4 jours « avec école » par semaine, que ces journées sont archi-découpées, que ça ne fait pas tant de vide que ça finalement.
 
Toujours est-il que j’ai peur de quelque chose, mais quoi alors ?
 
Peut-être que mon « boulot » officiel c’est d’accompagner Choupinette dans ses apprentissages et que sinon, je culpabiliserais d’être à la maison et de ne pas aller bosser à l’extérieur pour ramener des sous ? Alors il faudrait que j’y aille ? Sans en avoir envie ?
Parce que m’ennuyer, non, je pense avoir largement de quoi remplir mes journées de choses très intéressantes même sans la présence de Choupinette.
 
Peut-être ai-je peur que nos liens, si forts sans être à proprement parler fusionnels, se détendent ? Peut-être ai-je peur de ne pas savoir les entretenir d’une autre façon, dans un autre contexte ? Je ne sais pas si j’aurais dû proposer ce thème finalement, je commence à me dire que ça peut m’emmener très loin :-D
Je sais que j’ai toujours dans un coin de la tête la peur qu’un jour la communication soit rompue entre nous, la peur qu’elle ne m’aime plus… il faut que je réussisse à admettre que ce qui existe entre Choupinette et moi n’a rien à voir avec ce qui n’existe pas entre ma mère et moi, mais faut croire que je ne suis pas encore assez grande pour ça…
 
Bon faisons fi de ces craintes irrationnelles et recentrons-nous sur la question de base. Est-ce que ça changera fondamentalement notre vie ? Oui. L’intégration des contraintes scolaires aura forcément des conséquences, au quotidien, et tout le temps. Je nous imagine difficilement nous plier à la contrainte du non-absentéisme si on a envie de partir, plus encore que la routine du rythme quotidien. « On peut pas, y a école ». Et comment gèrerons-nous l’intrusion de ce tiers dans nos vies ? De ce tiers qui finalement, prendra beaucoup de décisions à notre place. Je ne sais pas…
 
Je précisais plus haut « si les circonstances le permettent ». Ce que pense Choupinette aujourd’hui, c’est que dans quelques années, aux alentours de la 5ème, elle aura envie de tester l’école. Dans le principe, on est d’accord. Oui, mais s’il n’y a pas d’école là où nous serons à ce moment-là ??? Parce que si tout fonctionne comme prévu, d’ici un an, nous devrions habiter une bonne partie de l’année au fond d’une vallée à 1200 m d’altitude avec le collège le plus proche à, euh, 100 km peut-être ? Là, ça devient un vrai choix. Faut-il rayer de nos vies le projet qui nous tient debout depuis 20 ans ? Est-ce même envisageable ? Aujourd’hui, je dirais que non. Allons-nous arriver à la situation grotesque où quand Choupinette pouvait aller à l’école, elle voulait pas, et quand elle veut y aller, elle peut plus ?
 
Je pense que tout ça demande à mûrir, à évoluer avec le temps. Il faut d’abord que nous nous installions dans notre nouvelle vie, et on verra bien si ça convient à tout le monde. Sinon… on avisera ;-)
 
 
Ecrit pour la 8ème édition de la Farandole Sans Ecole
 

Publié dans Farandole Sans Ecole

Commenter cet article

sissi 14/09/2007 21:39

"Le tiers qui prend des decisions a notre place", tu as raison, et avec ce concept j'ai du mal.

Avoir des projets, les realiser et qui vivra verra. L'ecole n'est qu'une option , ca laisse une marge de manoeuvre.

mémÚre 15/09/2007 07:43

Oui, mais comme je ne veux pas forcément non plus être toujours le tiers qui prend des décisions à la place de son enfant, tout va bien tant que celui-ci adhère au projet familial...

lysalys 13/09/2007 17:51

Ah tiens finalement, tu proposes, tu proposes, mais tu ne trouves pas l'exercice si facile... :)  Bon je me moque, mais je compatis. Cette question n'est pas très évidente et puis d'ailleurs comment savoir ce que la vie nous réserve même si nous sommes toujours dans la nonsco dans 2, 5 ou dix ans ? C'est en tout cas ce que j'aurais retenu de ton message.

mémÚre 13/09/2007 18:21

Ah mais quand je pose une question, ça ne veut pas dire que j'ai déjà la réponse, et quand je propose un thème, je n'ai pas encore écrit l'article ;-)