Mélange des genres

Publié le par mémère

Quand j’attendais Choupinette, j’étais très curieuse de savoir à qui elle ressemblerait, ou plutôt de quelle façon elle nous ressemblerait, à son père et à moi. L’infinité des apparences que pourrait prendre ce mélange me fascinait.
 
Quand elle est née, elle ressemblait comme deux gouttes d’eau à une de ses cousines. Jusqu’à sa petite oreille pliée en deux, comme sa cousine à la naissance (elle s’est dépliée depuis ;-). J’ai trouvé ça franchement abusif qu’on puisse sortir de moi sans avoir la politesse de me ressembler au moins un tout petit peu, à la rigueur à son père, mais là non. Cette enfant sortie de mes entrailles ressemblait à quelqu’un d’autre. Very shocking.
 
Elle s’est ensuite amusée à changer tout le temps de ressemblance, cette coquine. A sa grand-mère paternelle, au retour de la maternité. A son grand-père maternel, quand elle a perdu ses cheveux. A une autre cousine.
 
Après qu’elle se soit enfin décidée à choisir la couleur de ses yeux (et là je n’ai rien à dire, excellent choix, ce sont ceux de sa mère – encore qu’au fil des ans ils aient légèrement pris de ceux de son père), un examen approfondi permettait à l’œil averti de constater que nos hérédités s’étaient partagé le visage de Choupinette en deux : le bas pour son père, du nez au menton ; le haut pour moi, des yeux au front (en centimètres carrés ça doit m’en faire un peu moins mais bon, je ne suis pas mesquine). Oreilles et cheveux d’origine inconnue.
 
C’est alors que l’humanité s’est divisée en deux clans : les partisans du « c’est tout le portrait de son père » et les inconditionnels du « qu’est-ce qu’elle ressemble à sa mère », les premiers étant nettement supérieurs en nombre aux seconds (à la grande jubilation de Pounet ; je passe rapidement sur le fait qu’il se réjouisse que sa fille lui ressemble plus qu’à moi et aux déductions que je serais en droit d’en tirer quant à son appréciation de mes qualités physiques).
 
Bon, j’avoue, j’ai du mal à retrouver mes traits sur le visage de Choupinette. Mais parfois, fugitivement, au détour d’une expression particulière, elle me ressemble vraiment. Les traits, non, mais l’expression, oui. J’ai un flash de moi petite et c’est très troublant, presque douloureux. Je ne sais pas ce que ça ranime en moi. Peut-être que me voir de l’extérieur sous les traits de l’enfance me rappelle ma vulnérabilité d’alors. Mais elle a une force que je n’avais pas, la force de la confiance réciproque entre elle et nous.
 

Publié dans au niveau du vécu

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Louloute67 08/01/2007 22:55

Je me pose les mêmes questions, mais moi je suis en attente de vérification parce que je n\\\'ai pas encore d\\\'enfant ! (Pour l\\\'instant, j\\\'ai juste droit aux remarques, genre " on aimerait bien devenir grands-parents" ;-D) D\\\'un autre coté, je me dis que chaque personne étant unique, on ne ressemble à personne sauf à soi-même. Ok, on peut avoir certains traits ou certaines expressions, mais au final on est tous différents ! :-) Alors pourquoi je me pose des questions ? Bah, l\\\'avenir seul peut répondre !

mémÚre 09/01/2007 00:08

Mais la maternité réveille des choses très enfouies ;-)Objectivement je dirais que je préfère qu'elle ressemble à son ascendance paternelle, et pourtant je me surprends à guetter quelque chose de moi... peut-être parce que retrouver de moi dans l'être que j'aime le plus au monde me réconcilie avec moi-même ? C'est compliqué en tous cas...