Bis repetita

Publié le par mémère

Oui, je sais, mais je peux pas m’empêcher. C’est du quotidien, aussi.
 
Bon alors hier, veille de Noël, alors que j’avais pas prévu de mettre le nez dehors (pas folle), on m’appelle en renfort bossatoire. J’arrive en courant avec Choupinette, prête au pire.
Voilà Madame Machin qui arrive. S’adressant à Choupinette :
- Alors tu as été sage cette année ? Tu crois qu’il va venir le Père Noël ?
et blablabla et blablabla sur le même registre.
Choupinette, muette, les yeux vissés sur ses pompes.
Bon alors j’interviens vu que personne ne répondait à la dame :
- Non, elle est jamais sage de toutes façons, le père Noël il passe jamais chez nous.
« Oh oh oh » dit la dame, et d’en remettre une couche. Et deux. Et trois. Et...
Là, j’avoue, je me suis dégonflée. Je l’ai fermée. On a ses limites.
 
Au moment de prendre congé, la dame (c’est une acharnée celle-là), s’en prend de nouveau à mon petit trésor sans défense :
- T’es en quelle classe ? 
Silence de mort. Choupinette regarde toujours ses pompes.
- Tu sais plus ? T’as oublié, ah oui, c’est les vacances ! 
C’est ça, prend-la pour une deb aussi. Là je dis à Choupinette : « Allez, tu peux répondre ». D’habitude elle le dit, qu’elle y va pas, mais là ça devait faire trop.
Donc je me lance (on sait jamais jusqu'où ça va nous emmener) :
-  Elle va pas à l’école, elle est instruite en famille 
 
 « AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAh dit la dame, ça alors, mais j’ai vu l’autre jour à midi à la télé une dame qui faisait ça aussi ! ». Moi : « Ah moi j’y étais pas à midi mais à 18h ». La dame : « J’ai dit à ma fille : mais je la connais cette dame, mais dis-moi d’où je la connais, mais si si, je la connais ! Elle vous ressemblait d’ailleurs ! ». Moi : « Euh oui, c’était moi, mais à 18h pas à midi ». « Aaaaaaaaaah bon, c’était vous, mais, oui, je me disais bien que je la connaissais, et justement, elle disait qu’elle faisait l’instruction en famille et blablabla et blabla ».
D’un côté, j’ai bien senti que ça me donnait une certaine légitimité, qu’on soit deux dans la même ville à faire ça (et en plus on se ressemble, bon, on passe pas à la télé à la même heure mais c’est tout). Et de me raconter qu’elle connaît quelqu’un qui connaît une famille avec 14 enfants qui ne scolarisait pas ses gamins, et que quand les plus grands ont passé le bac sans jamais être allés à l’école, eh ben ils étaient super forts en français et en maths mais trop nuls dans les autres matières, des enfants brillants pourtant. Du coup les plus jeunes ont été expédiés à l’école illico presto. C’est pas parce qu’on est marginal qu’on sait pas tirer leçon de ses échecs quand même. On ne sait pas si le papa qui avait décroché sa plaque de médecin a rouvert son cabinet, du coup.
 
Je passe sur la rencontre fortuite en ville de la voisine d’en face et de sa stupéfaction de découvrir qu’elle habitait sans le savoir depuis un an en face de dangereux subversifs. Bon, si, elle savait pour l’école, mais là quand même, le coup du Père Noël, c’est aller un peu loin.
 

Publié dans au niveau du vécu

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